Mano De Caevel
sans titre, encre d'imprimerie sur papier chiffon dans coffrage altuglass 
  Sans titre, encre d'imprimerie sur papier chiffon dans coffrage altuglass

Mano de Caevel cherche toujours, à travers son expérience professionnelle, à mieux comprendre, à mieux gérer ses émotions artistiques, nourries des travaux de Buraglio ou de Tony Cragg.
Ses premiers travaux personnels sont marqués par le travail du tissu mais loin de la préciosité ou de la minutie des matières de l’industrie rubanière, c’est la rudesse du jute, c’est la matière lourde, vibrante, qui la touche.
Le tissu cependant va peu à peu lui apparaître comme une apparence, une enveloppe stérile et ce qui va l’attirer désormais, c’est la matière brute, usée, utilisée, porteuse de traces. Le bois brûlé, les portes ou fenêtres, les déchets abandonnés, usagés du bâtiment, les matériaux démolis vont être pour elle source de récupération, de réassemblage, de recomposition,  de recréation.  Elle veut combiner les morceaux, redonner forme et volume, apporter un nouvel équilibre, jusqu’au point de rupture. Cette frontière indéfinie, cette tâche infinie, cette exploration vertigineuse, dérangeante, sont pour elle totalement stimulantes.
Paradoxalement, le travail est le même lorsqu’elle colle sur ses gravures, des couverts en plastique ou des pièces de cintres qu’elle aura récupérés. A travers l’objet cassé, usé, dégradé, récupéré en plastique, en altuglas, en caoutchouc, c’est la forme de  l’humain qu’elle trouve.
En recherche permanente de l’essentiel, elle continue à retirer, jusqu’à obtenir un équilibre total des lignes et des formes.